Formation sur le comportement du cheval
Formation sur le comportement du cheval
« Mon cheval effectue mieux l’exercice à droite qu’à gauche » ou encore « Mon cheval préfère que je sois à gauche » . Combien de fois avez-vous prononcé ou entendu ces phrases ? Lors des cours particuliers ou même des stages, les cavalières me questionnent régulièrement sur ce comportement. Au delà de l’éducation et du conditionnement que nous pouvons faire sur nos chevaux, la réponse fondamentale se situe au niveau des hémisphères cérébraux du cheval. Est-ce donc uniquement une affaire de cerveau ?
Sans faire tout un article sur l'anatomie du cerveau, il convient de rappeler que chaque oeil est traité par son hémisphère collatéral (Dharmaretnam & Rogers, 2005). Autrement dit, si mon cheval utilise son oeil gauche, il mobilise son hémisphère cérébral droit. S'il utilise son oeil droit, il mobilise son hémisphère cérébral gauche. Mais, avant de parler du cheval et de nos pratiques, regardons ce qu'il s'est passé sur d'autres espèces.
Par exemple, d'après une étude réalisée par Evans et al. en 1993, les volailles avaient tendance à incliner leur tête vers la droite (donc pour avoir une meilleure vue de leur oeil gauche) lorsqu'elles entendaient un cri d'alarme d'un de leurs congénères. Face à un objet inconnu, les poussins ont tendance à utiliser leur oeil gauche. Cela signifie que l'hémisphère droit était utilisé. A l'inverse, ils ont tendance à se tourner vers la gauche, pour utiliser leur oeil droit, lorsqu'ils étaient face à un objet connu (Vallortigara et al. en 1999). L'hémisphère gauche était donc utilisé. Ces mêmes résultats ont été montrés sur des crapauds et les souris marsupiales (Lippolis et al., 2002).
L'hémisphère droit concernerait alors principalement les comportements d'évitement et serait spécialisé dans :
L'hémisphère gauche concernerait donc les comportements d'approche et serait lui spécialisé dans la catégorisation de stimuli (Rogers & Anson, 1979).
D'ailleurs, chez l'Homme, Bogen en 1985 a suggéré que l'hémisphère droit serait spécialisé dans le traitement des stimuli émotionnels négatifs, alors que l'hémisphère gauche semble être spécialisé dans le traitement des stimuli émotionnels positifs.
Une étude de Larose et al. en 2006 a étudié la latéralité visuelle chez les chevaux et le potentiel lien avec les émotions ressenties. Les résultats ont permis de montrer que les chevaux vont avoir plus tendance à utiliser leur oeil gauche (donc hémisphère droit) lorsqu'ils sont face à un stimulus inquiétant. La tension émotionnelle sera d'autant plus importante que le tempérament du cheval est émotif.
Le cheval préfère avoir dans son champ de vision gauche les stimuli qui mobilisent le plus son attention (Farmer et al., 2010). C'est notamment le cas des humains lorsqu'ils sont en interaction avec eux, qu'il s'agisse de les approcher, de les mener ou de les monter. Le fait de travailler son cheval à la main gauche la plupart du temps (on monte en selle par la gauche, on mène son cheval par la gauche...) permettrait aux chevaux d'évaluer plus facilement si nous leur sommes connus ou inconnus, amicaux ou menaçant, et suscite de ce fait moins de réactions imprévisibles.
Après un premier contact exploratoire visuel d'un objet émotionnellement neutre, les chevaux vont utiliser leur oeil droit (donc hémisphère gauche) afin de catégoriser l'objet en question : est-ce que ça ressemble à quelque chose que je connais ?
L'hémisphère droit dominerait les émotions à connotations négatives (telles que la peur ou la douleur) et le gauche les émotions à connotations positives (telles que les récompenses alimentaires). Il serait alors intéressant, au quotidien, de regarder de quelle façon notre cheval nous regarde et regarde les stimuli que nous utilisons.
Vous ne serez pas en mesure de reproduire exactement les tests scientifiques mais vous pouvez vous entraîner pour savoir comment votre cheval vous perçoit et perçoit ce que vous lui demandez. Vous pouvez donc faire le test de réaction à un nouvel objet !
Ce test a été utilisé dans de nombreuses études pour mesurer l'émotivité des chevaux (Hausberger et al., 2004; Wolff & Hausberger, 1992, 1996). Pour cela :
Vous pouvez reportez ces comportements (Waring, 1983; Wolff et al., 1997) et y attribuer des scores :
Vous pouvez également noter des comportements spécifiques à l'objet inconnu :
Ensuite, faîtes le point sur le degré d'émotivité de votre cheval et analysez l'oeil (ou toute autre partie du corps) qu'il utilise le plus fréquemment. Vous pouvez comparer vos résultats avec vos amis.
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